Criminalistique

1. INTRODUCTION
Avant d'aborder un cours de Police Scientifique, il est peut être nécessaire d'en situer le contexte et ensuite d'en définir la matière. Toute investigation criminelle et c'est presque une Lapalissade concerne des gens et se rapporte à des choses. C'est pourquoi une approche équilibrée à l'investigation criminelle doit être double et comprendre les problèmes liés
A) à l'identification des personnes
B) à l’identification des objets
B) à l'identification des objets
Cet ensemble constitue la série des évidences physiques ou preuves indiciales liées à des actes malveillants ou au crime.
De nombreuses enquêtes dans certains cas ont souvent échoué parce que les enquêteurs n'ont pas pleinement réalisé l'énorme source de renseignements qu'il est possible de tirer des évidences physiques et qui se trouvent sur les lieux d'un méfait à l'état potentiel.
L'enquêteur afin d'optimaliser les résultats qu'il veut obtenir doit comprendre
1. Ce qu'est une évidence physique
2. Comment le recueillir et la préserver
3. Comment en tirer les informations qu'elles portent
4. Comment interpréter l'information obtenue

L'enquêteur conscientieux devra mettre en évidence ce qu'il est possible de tirer de l'observation intelligente des faits et des choses et pourra se rendre compte des avantages qu'il peut en tirer.
Aussi soigneux qu'un voleur ou qu'un criminel puisse être afin d'éviter d'être entendu, vu ou encore afin d'éviter une contamination mutuelle avec son environnement il finit toujours un moment donné par rompre le contrôle qu'il a de lui même parce qu'il y a trop de paramètres à contrôler en même temps ( peur, traces, crainte d'être vu, impondérables).
Partout où il marche, tout ce qu'il touche, tout ce qu'il laisse derrière lui même inconsciemment sont autant d'évidences silencieuses qui vont se retourner contre lui. Pas seulement les empreintes digitales ou de souliers mais aussi ses cheveux, les fibres de ses vêtements, le verre qu'il casse, les marques d'outils qu'il laisse, la peinture qu'il qu'il collecte, toutes ces choses parmi d'autres sont des témoins muets qui l'accusent. C'est un genre d'évidence qui n'oublie pas, qui n'est pas troublée par l'excitation du moment, qui ne se parjure pas. C'est l'évidence des faits et l'évidence physique ne peut pas être complètement absente ni se tromper. Uniquement l'interprétation donnée à l'évidence physique peut être erronée et des interprétations erronées sont dues à des erreurs humaines.
C'est pourquoi le laboratoire doit être orienté vers l'étude de ces traces qui peuvent parler si éloquemment de l'innocence ou de la culpabilmité d'un suspect. La somme d'efforts, de temps et d'argent devant être consacré à cette fin dans une administration de la justice criminelle est en augmentation mais les moyens disponibles dans de nombreux pays restent souvent insuffisants.
Un grand nombre de criminels restent en liberté parce que l'évidence physique n'est soit pas utilisée ou impartialement comprise et des innocents peuvent être acusés de forfaits desquels il auraient pu être disculpés si l'évidence physique avait pu dire ce qu'elle avait à dire. C'est donc un devoir pour les enquêteurs de collecter la somme des évidences physiques si petites soient elles. La collection correcte et l'interprétation de l'évidence physique est aussi importante que l'interrogation des témoins ou d'autres personnes. C'est pourquoi l'enquêteur doit être persuadé de l'importance des évidences physiques et les négliger volontairement ou involontairement serait faire preuve pour le moins d'incompétences ou au plus de malfaisance vis-à-vis de la société.
Heureusement les enquêteurs de toutes les polices du monde ont de meilleures mises au courant et progressivement ont une meilleure supervision des choses. Mais il reste vrai qu'un certain nombre d'enquêteurs n'apprécient pas assez les possibilités et les limitations d'un laboratoire et même certains considère le laboratoire comme un faiseur de miracle. Même le laboratoire le mieux organisé souvent ne donne pas la réponse désirée et c'est inévitable dans une proportion des cas. Le nombre de ces cas peut cependant être diminué si à la fois les enquêteurs de terrain et le laboratoire comprennent leurs problèmes mutuels et coopèrent pleinement.
On peut dire catégoriquement que l'inaptitude du laboratoire à donner une réponse correcte est souvent liée à des prélèvements inadéquats de l'évidence existante ayant pour conséquence une inaptitude pour le laboratoire à donner une réponse correcte.
Par exemple un exemplaire unique de l'évidence physique est rarement suffisant pour établir la preuve de l'innocence ou de la culpabilité d'un suspect. Seulement lorsque un ensemble d'évidences sont disponibles, alors la preuve entière et finale peut être produite. Apporter au laboratoire un morceau de peinture et espérer prouver qu'une voiture particulière est impliquée dans un homicide est aussi futile que d'offrir une pièce d'un puzzle à un expert en espérant qu'il pourra reconstituer tout le puzzle. Le morceau de peinture peut renforcer une opinion où il peut donner la preuve de l'innocence d'un suspect mais le mieux qu'il puisse révéler est qu'une voiture ayant ce type de peinture est la voiture en question. Vu qu'il y a un nombre considérable de voitures dans une région donnée ayant ce type de peinture, une telle évidence est souvent insuffisante si elle ne n'est pas supportée par d'autres évidences physiques comme du verre brisé, du sang, des fibres textiles, des cheveux ou d'autres variétés d'évidences physiques.
Ce sont ces évidences physiques liées à la personne et aux objets qui seront décrites progressivement.

2. Le Problème de l'Identité
Le problème central auquel l'enquêteur est confronté est l'établissement de l'identité personnelle habituellement du criminel ou de la victime. L'enquêteur peut utiliser des méthodes directes où il peut travailler indirectement par l'identification d'objets physiques associés à l'individu à identifier. Ce dernier type d'identification est la préoccupation principale du criminaliste.
Dans le domaine de l'investigation criminelle l'emploi général du mot identification est défini comme suit:
L'identification est définie comme l'appartenance d'un objet à une classe ou à un groupe. C'est le sens dans lequel le mot est utilisé dans toutes les sciences naturelles et l'utiliser dans un autre sens en criminalistique n'aurait aucun fondement.
On entend souvent dire q'un criminel est identifié à partir de ses empreintes digitales, il n'est pa seulement identifié il est individualisé. Pour l'identifier, l'empreinte digitale devrait seulement établir que c'est par exemple un homme par opposition à un objet inanimé ou que cette empreinte appartient à un groupe limité d'hommes. En fait l'empreinte digitale non seulement rend possible une identification mais aussi fait la preuve de l'individualité de la personne par rapport à d'autres membres de l'espèce humaine. Il est immédiatement apparent qu'il y a un nombre indéfini de degré dans l'identification. Un objet peut être identifié comme appartenant à une classe étendue d'objets similaires où il peut être identifié comme appartenant à une classe tout à fait restreinte d'objets étroitement apparentés. Lorsque la classe dans laquelle l'objet peut être placé consiste à un exemplaire unique , alors cette objet n'est pas seulement identifié mais aussi individualisé.
Supposons que l'objet soit un instrument servant à écrire. Ceci le classe dans un groupe large d'instrument servant à écrire, mais ne détermine pas si c'est un réservoir, un crayon ou un stylo à bille. L'examen plus attentif montre qu'il s'agit d'un stylo à bille, rétrécissant ainsi la classe. Il est rouge et contient de l'encre bleu, il a un capuchon en métal plutôt qu'en plastique.
Chaque facteur affine la classe dans laquelle l'objet est identifié, c'est un Parker et il possède une bille de grandeur moyenne. À présent est bien classifié ou identifié mais il n'a pas encore été individualisé. C'est seulement s'il possède une caractéristique unique comme une rayure d'origine ou des marques particulières qu'il pourra être individualisé. Lorsque de telles caractéristiques sont manquantes, l'objet peut seulement être identifié mais pas individualisé. Ce processus progressif d'identification est le même pour une empreinte digitale ou l'examen ultérieur montre qu'elle a type particulier de configuration (arc, boucle ou verticillé) . Finalement lorsque un nombre suffisant de facteurs sont classifiés l'identification peut devenir une individualisation parce que la grandeur du groupe a été réduite à un individu unique.
Une évaluation dans le degré de discrimination en classifiant une pièce à conviction est absolument vital.
Une méthode utile afin d'individualiser directement la personne est la photographie qui trouve son application dans l'identification directe de la physionomie mais qui trouve également ses applications sur la scène du crime. L'identification oculaire directe est en quelque sorte une manière de fixer la physionomie. La victime identifié par exemple son agresseur au bureau de police. Mais comme il a été souvent possible de le prouver cette méthode est pleine de danger. Sous des conditions de peur et d'excitation, le témoin à tendance à surestimer ou sousestimer la grandeur du suspect et est souvent incapable de décrire les paticularités de l'individu. Statistement il a été souvent établi que peu de témoins oculaires d'un forfait sont capables de fournir une description détaillée ou même utile de l'individu en question.
En fait les empreintes digitales sont considérées comme une méthode sûre parce que cette évidence liée à la personne est physique et pas sujette à des impressions mentales, des défaillances de mémoire, des suggestions ou toute autre défaillances liées au témoins oculaires. L'utilisation pratiquement universelle des empreintes digitales pour l'individualisation de personnes est la preuve de leur fiabilité.
Si après vérification attentive aucune empreinte digitale n'est trouvée, d'autres méthodes d'identification doivent être recherchées qui sont directement liées à la personne comme les cheveux perdus, le sang répandu, du liquide séminal etc permettant d'arriver à une individualisation.
Au cas où il est seulement possible d'établir une présomption forte d'identité en utilisant les évidences physiques citées, il reste encore la possibilité de faire appel à des méthodes indirectes d’identification.
L’individualisation indirecte du criminel peut se faire par d’autres moyens à savoir :
a) les outils utilisés
b) l’arme utilisée
c) les fibres de vêtements portés
d) L’écriture apposée sur des documents
e) La terre véhiculée
f) Le verre
g) La peinture

Ces types d’informations sont communément disponible à l’enquêteur et d’une manière absolue il n’est pas possible de parler d’identité d’objets mais assez de propriétés entre deux oblets peuvent converger une identité comparative peut être établie. Ainsi le verre trouvé sue les vêtements d’un criminel ne peut être discerné par rapport à ses propriétés fondamentales à celui trouvé sur les lieux. Ceci établi une identité comparative et indique une probabilité d’identité de source. Si des adaptations sont possibles entre des morceaux de verre trouvés sur les vêtements d’un suspect et ceux trouvés sur la scène du crime une identité de source est alors établie.

Adaptation possible
De la même façon deux documents l’un de source connue, l’autre de source inconnue peuvent être comparés pour établir une identité comparative. Cependant certaines caractéristiques de l’écriture peuvent être si particulières qu’une forte présomption d’identité de source peut être établie.
Un type additionnel d’identité peut être défini comme identité causale deux résultats étant obtenus à partir d’une même cause. S’il est par exemple possible de démontrer que deux balles sont effectivement marquées par le même canon d’un pistolet ou d’un revolver, il y a à ce moment identité causale.
En pratique les trois types d’identité précitées seront celles qui présenteront un intérêt pour l’enquêteur.
Dans l’examen et l’interprétation de l’évidence physique, la distinction entre l’identification et l’individualisation doit toujours être clairement faite pour faciliter le vrai dessein du criminaliste à savoir déterminer l’identité de source c’est-à-dire que deux caractères d’évidence l’un connu l’autre inconnu doivent être identifiés comme ayant la même origine.
Il est clair qu’une identification précise doit reposer sur des bases solides d’entraînement, d’expérience, de connaissances techniques et d’habilileté avec une compréhension de la nature fondamentale de l’identité elle-même.


3. Traitement des Données, Statistique Notionnelle
Une bonne connaissance de la statistique de mesures effectuées doit former la base de tout travail de laboratoire que ce soit dans le domaine industriel, de recherche ou de la criminalistique.
3.1 La mesure de la précision
3.1.1 La déviation moyenne
La déviation moyenne est souvent utilisée comme une mesure de la précision d’un groupe de mesures. Elle s’obtient en prenant la différence entre chaque mesure et la moyenne du groupe de mesure indépendamment d’une question de signe.



Les scientifiques utilisent presque toujours la moyenne d’un groupe de mesrures afin d’obtenir les déviations
Exemple de déviations
Mesures Déviations de la moyenne
3,53 0,05
3,56 0,02
3,64 0,06
Total 10,73 0,13
Moyenne 3,58 0,043 = 0,13/3

3.1.2 La déviation standard
La variance est une mesure de la précision et il est coutumier d’extraire la racine carrée de la variance afin d’obtenir une échelle unitaire par rapport aux mesures originales. le résultat de cette opération est appelé la déviation standard.
Pour un grand groupe de données la déviation standard est approximativement 1,25 fois aussi grande que la déviation moyenne, la valeur théorique étant la racine carrée de 3,1416/2. La relation n’est pas exacte pour de petits groupes de mesures qui sont les plus fréquentes. La variance tient la même place dans la manière de peNSEr d’un statisticien que la mole pour un chimiste et il n’est donc pas surprenant de trouver que les tables de statistiques sont élaborées à partir de la variance ou de sa racine carrée la déviation standard. Les statisticiens habituellement utilisent des lettres grecques pour symboliser la moyenne et la déviation standard pour un groupe contenant un nombre infini de mesures et tout groupe limité de mesures est considéré être un sous-groupe d’un nombre infini. Les moyennes et déviations standard calculées à partir de sous-groupe sont distingués enles appelant m et s.

3.1.3 La loi normale d’erreur
L’examen d’un groupe de mesures montre que les mesures individuelles se répartissent de façon postive ou négative autour de la moyenne.


Courbe Normale d’ Erreur
Les mesures qui diffèrent peu de la moyenne sont plus fréquentes que les mesures qui en diffèrent considérablement. La loi générale relatant la fréquence d’apparition d’une mesure et sa déviation par rapport à la moyenne de la population est appelée loi normale d’erreur. Le graphique ci-dessus montre la fréquence relative d’apparition de mesures exprimées en unité de déviation standard. Il est un fait remarquable que cette courbe normale d’erreur rend très bien l’éparpillement des mesures autour de la moyenne. Deux paramètres suffisent pour adapter la courbe à tout groupe de mesures en particulier, ce sont la moyenne et la déviation standard. Au plus grand l’échantillon au plus seront meilleures les estimations de la moyenne et de la déviation standard. Les estimations de m et s sont en fait une sorte d’information raccourcie se rapportant à un groupe de mesures en particulier.
Les points d’infection de la courbe normale d’erreur se trouvent à une distance de 1 unité de déviation standard de la moyenne. Soixante pourcent de l’aire sous la courbe se trouve postivelent ou négativelment à une distance de 1 unité de déviation standard ce qui veut dire que en moyenne deux des trois mesures dévieront de la moyenne à une distance inférieure à une une unité de déviation standard. Plus deux déviations standard et moins deux déviations standard influeront 95,46 % de l’aire sous la courbe si bien que une mesure sur 20 déviera de plus de 2 déviations standard de la moyenne. Il peut être montré mathématiquement que la différence moyenne entre des mesures dupliquées est 2 divisé par racine carré de pi fois la déviation standard.


Ceci suggère qu'il n’est pas nécessaire d’avoir un grand groupe de mesures afin d’établir une estimation satisfaisante de la déviation standard. En pratique de groupes de grandeur importante surviennent rarement tandis que de petits groupes sont habituellement rapidement accessible.

3.1.4 Calcul de la déviation standard